Les Fistons

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Comédie dramatique en deux actes de Tourdi.

Avec, par ordre d’entrée en scène des personnages :
- l’œuf d’autruche
- l’œuf de poule
- le lapin des Parques
- Colombine

*

Acte I, scène 1

Le lapin des Parques — Bonjour fistons.
L’œuf d’autruche (répétant en maugréant) — Fiston !
L’œuf de poule — Bonjour mon cher fiston.
Le lapin des Parques — Et comment vont les fistons ?
L’œuf d’autruche — Ah non, ça ne va pas recommencer, hein ?
Le lapin des Parques — Quoi donc, fiston ?
L’œuf d’autruche — Toutes ces répétitions du mot « fiston ». On se croirait dans une pièce pour perroquets !
Le lapin des Parques — C’est à cause du titre, fiston. C’est le titre qui fait tout dans la vie. Tu comprendras ça plus tard…
L’œuf de poule — Et le lapin des Parques est un peu notre petit fiston à nous tous…
L’œuf d’autruche (avec exécration) — Fiston ! Fiston ! Fiston !
L’œuf de poule — Il embrouille tout à plaisir. Un vrai répondeur téléphonique !
Le lapin des Parques — Et puis, il me semble qu’il la ramène bien souvent pour un œuf. Enfin, passons à autre chose.
Pause. 
Le lapin des Parques — Ah, je vous envie, mes chers fistons.
L’œuf de poule — Pourquoi ?
Le lapin des Parques — Vous allez assurément faire des étincelles dans cette nouvelle usine de colombages.
L’œuf de poule — C’est notre père qui nous a engagés !
L’œuf d’autruche (à part) — Le pauvre vieux, s’il savait à quoi s’en tenir sur notre père…
Le lapin des Parques — Vous êtes là tous les deux à l’aube de votre carrière…
L’œuf de poule — Mais nous n’y connaissons rien en colombages.
Le lapin des Parques — Ça ne veut pas dire que vous soyez sans vertus.
L’œuf d’autruche — J’ai l’impression que ce lapin confond « fiston » et « piston » !
L’œuf de poule — Ah, voici Colombine.


Acte I, scène 2

Colombine — Bonjour mes petits œufs !
L’œuf de poule — Bonjour Colombine.
L’œuf d’autruche (au public) — Bonjour les dialogues !
Colombine — Alors mes petits œufs, pas de coup de mou ? Pas d’indolence ?
L’œuf de poule — Oh non, tout va bien, Colombine.
Colombine — Pas d’insensibilité ? Pas de mollesse ?
L’œuf de poule — Oh que non, Colombine.
Colombine — Pas d’immobilité ? Pas d’inertie ?
L’œuf de poule — Oh non.
Colombine — Pas de problème d’orthostation ?
L’œuf de poule — Toujours prêts à rouler, Colombine.
L’œuf d’autruche — Imbécile !
Colombine (visiblement très contrariée) — Bien, bien. Très bien.


Acte II

L’œuf d’autruche — Tu es vraiment un crétin. Tu as déçu Colombine. Triple idiot !
L’œuf de poule — Tu m’insultes à présent ? Mais je suis ton frère, je t’aime…
L’œuf d’autruche — Arrête avec ça !
L’œuf de poule — Pourquoi ?
L’œuf d’autruche — Tu sais très bien que je te déteste !
L’œuf de poule (ému jusqu’aux larmes) — Non, je ne le savais pas…
L’œuf d’autruche — Maman s’est toujours occupée de toi.
L’œuf de poule — Ah ?
L’œuf d’autruche — Elle te couvait sous son aile.
L’œuf de poule — Je ne me souviens pas…
L’œuf d’autruche — Parce que tu étais soi-disant plus petit, plus fragile…
L’œuf de poule — Ah ?
L’œuf d’autruche — On me demandait toujours de me conduire en œuf adulte.
L’œuf de poule — Ah ?
L’œuf d’autruche — Tu m’as volé son affection et ta tête d’œuf ne m’est jamais revenue.
Le lapin des Parques (conciliant) — Si je peux me permettre, on devrait continuer à s’appeler « fistons », pour l’unité de l’action.
L’œuf d’autruche — Je me fiche de l’unité d’action.
Le lapin des Parques — Bon, bon. Pourtant, c’est dommage, ça aurait pu être une bonne pièce.

L’œuf d’autruche — Alors toi, le lapin, je te conseille de la fermer si tu ne veux pas finir en civet !
Le lapin des Parques — Houlà, je ne dirai plus un mot.
L’œuf d’autruche (s’adressant à l’œuf de poule) — Je voulais te tuer !
Le lapin des Parques — Dans l’œuf, ha ha ha !
L’œuf d’autruche — Pour la dernière fois, tu fermes ton nez. Ou bien…
Le lapin des Parques — Oui, oui. Je me tais.
L’œuf d’autruche (s’adressant à l’œuf de poule) — Papa nous a trompés sur la marchandise.
L’œuf de poule — Je ne comprends pas.
L’œuf d’autruche — Eh bien, fiston, tu n’es qu’un œuf « à la coq » !

RIDEAU

*

La critique de Jules Cuit

1492, la découverte du Nouveau Monde : cette rivalité entre les deux œufs est une inspiration assez commune. 
Tout le mérite de René Tourdi revient à l’introduction de deux facteurs possessifs : le lapin des Parques, qui lance un beau clin d’œil vers le mystère des statues gigantesques qui peuplent l’île des Parques, et Colombine, qui nous ramène au marin génois. Ce dernier est habilement suggéré et la violence sous-jacente des dialogues évoque la concurrence et la brouille entre l’Espagne et le Portugal.

Beaucoup de journalistes ont soupçonné Tourdi d’avoir en quelque sorte soudoyé le directeur de production grâce aux relations de son grand-père. Roselly de Lorgues qualifie quant à lui la pièce de « conte stupide » d'une « énorme invraisemblance ».

*

Et vous, que pensez-vous de cette pièce ?

Faut-il être un spécialiste des ovoproduits pour la comprendre ?
Quelle actrice verriez-vous pour interpréter Colombine ?
Comme le dit la rumeur, le grand-père de Tourdi était-il un ancien nazi ?

Nous attendons vos opinions tranchées en commentaires !

Commenter cet article

Jérôme Pitriol 30/03/2016 00:53

Je viens de lire le témoignage du baron Psitite, ci-dessous, qui peint l'enfance énergique, authentique et spontanée avec une grande justesse, et je dois bien dire qu'il me laisse ému. Très ému. Emu jusque-z-aux larmes. Je me souviens d'ailleurs qu'il avait visé tout aussi juste, il y a quelques semaines, à l'occasion de la publication de la pièce de Rodez-Limpeau, "Jack l'Eventail", quand il exprimait tout le mal qu'on est en droit de penser du roman policier, avec élégance, là où ne nous seraient venues que des grossièretés pourtant bien légitimes. Par conséquent, je dis merci, monsieur le baron. Et je passerai évidemment sur quelques détails troublants, car ils sont vraiment de second ordre (je ne m'explique pas, par exemple, comment Louis Jouvet a pu réussir le tour de force d'être à l'affiche devant le mémorial Charles de Gaulle, tout en étant décédé près de vingt ans avant le chef d'Etat). Encore merci pour ce beau témoignage.

Baron Psitite 06/04/2016 12:02

Cher Jérôme,
Si je ne m’abuse, nous sommes bien au mois d’avril de l’an de grâce 2016, et notre président de la République est bien Philippe Poutou ? De récentes découvertes scientifiques font état de mondes parallèles saugrenus, comme par exemple un pays gouverné par François Hollande (!) en proie à de graves problèmes sociaux… J’ai bien de la peine à imaginer cela, et à imaginer ce que doivent subir ces Français parallèles…
Je lève un multivers à votre santé, et espère lire bien vite vos nouvelles critiques (toujours aussi éclairées et éclairantes) sur « Une saison d’enfer », d’où que vous les rédigiez.
Bien cordialement,

B.P.

Georgie de Saint-Maur 30/03/2016 15:58

Cher Jérôme ; les commentateurs de « une saison d’enfer » ne sont pas de vulgaires quidams recrutés sur un chantier désaffecté, pendant une nuit de brouillard. Le baron Psitite par exemple, pour ne citer que lui, possède de précieuses qualités, dont celle, et non la moindre, de transgresser la chronologie. C’est donc d’une façon toute naturelle qu’il fait cohabiter Louis et Charles, comme il aurait pu le faire de Baden Powell et de Kipling. Vive le baron ! Vive la France !

Olisbos 25/03/2016 17:38

Qu'ils soient de poule ou bien d'autruche.Un brin pochés parfois parqués. En cette veille de Pâques, Tourdi nous rappelle simplement, mais d'universelle façon, qu'une fois pour toute, LES OEUFS SONT FAITS. Et qu'il n'y a bien sûr rien à y (dé)faire.

Baron Psitite 25/03/2016 16:38

Je n’étais pas encore le critique de théâtre reconnu que je suis aujourd’hui lorsque j’assistai aux « Fistons », de l’excellent René Tourdi. Jeune homme désargenté, je profitais des vacances scolaires pour mettre à profit mon Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur, ce afin de subvenir à mes besoins estudiantins. Je menais ainsi des colonies de vacances, en qualité de moniteur, tentant d’encadrer, tant bien que mal, des garçonnets fort turbulents dont la principale motivation était de faire le plus de bêtises possible. Désireux d’éveiller les consciences de ces infernales petites têtes blondes, je m’efforçais, avec difficulté, de leur donner goût à l’art. J’avais en tête cette citation de l’écrivain Charles Williams, tirée de son livre « Fantasia chez les ploucs » :
« Les putois, c’est un peu comme les mules et les femmes. Faut savoir raisonner avec. Donner des ordres à un putois, autant cracher dans l’eau, mais si on se donne la peine de lui expliquer la chose, il finit par venir à composition. »
Je m’imaginais naïvement qu’il en irait de même avec les enfants, petites mules malléables que je finirais bien par faire « venir à composition ». Las ! quoi que j’y fis, rien n’y fît. Musées, concerts, théâtre : leur hermétisme culturel se montrait sans bornes ; ces petites crapules ingrates regimbaient puis sabordaient chaque spectacle ou événement artistique que je leur proposais.
Puis il y eu « Les Fistons ».
Je me souviens que ma petite troupe et moi nous trouvions à Colombey-les-deux-Eglises lorsque je vis l’affiche, placardée devant le Mémorial Charles de Gaulle : « Les Fistons, une pièce en deux actes de Tourdi ». Sous le titre se trouvaient les photographies d’une Rosy Varte inquiétante (qui incarnait Colombine), d’un Eustache Demer au crâne entièrement rasé (incarnant l’œuf de poule), d’un Pierre Dac à l’air faussement sévère (incarnant l’œuf d’autruche) et d’un Louis Jouvet impavide (revêtant pour sa part le costume du lapin des Parques).
Premier étonnement pour moi, les enfants, au lieu de rechigner comme à leur habitude, montrèrent au contraire un curieux intérêt devant cette affiche. Je pense que le titre de la pièce, et surtout les photographies des acteurs, y jouèrent pour beaucoup. Second étonnement, ce furent eux qui insistèrent pour aller assister à la représentation, qui avait lieu le soir même. Par trop heureux de cet enthousiasme aussi juvénile que surprenant, j’accédai évidemment à leur demande et nous partîmes chercher nos places demi-tarif dans une franche bonne humeur, entonnant « Dans la troupe, y a pas d’jambe de bois. »
Cette pièce restera gravée dans ma mémoire en raison de l’impact disparate qui se produisit ce soir-là sur les enfants et sur moi-même. Ainsi, à peine le rideau fut-il levé et Pierre Dac entré en scène que les marmots s’esclaffèrent à la vue de ce cocasse œuf humain. Chaque mot « fiston » les faisait rire comme des baleines, tout comme les saillies bougonneuses de l’œuf d’autruche, leur incontestable mascotte. Il en alla de même avec les problèmes d’orthostation et la contrariété de Colombine, figurant le célèbre (ou présumé tel) épisode de l’œuf de Colomb. Je les observais avec stupéfaction se tordre de rire, inconscients du drame ovoïdal qui se déroulait sous leurs yeux mouillés, me demandant comment on pouvait être aussi cruel, tout en sachant que la cruauté est un penchant nécessaire à l’enfant. Ils rirent du début à la fin, et plus ils riaient, plus mon malaise augmentait. Le drame de la famille nucléaire, le népotisme, les rancœurs fraternelles : tout cela passait au-dessus de leurs petites têtes d’écervelés. J’avais l’impression d’être l’arroseur arrosé : pour une fois, ils étaient à la noce, et je me retrouvais dans l’état d’esprit qui devait être le leur lorsque je les emmenais voir celles de Figaro.
Lorsque le rideau fut tombé et que nous nous retrouvâmes au campement, les enfants se mirent à rejouer des bribes de la pièce, « Bonjour fiston ! », riant toujours, incarnant qui l’œuf d’autruche, qui l’œuf de poule, qui le lapin des Parques. « Fiston, fiston, fiston ! », lançaient-il, « Eh bien fiston, tu n’es qu’un œuf à la coq ! » Alors je me mis également à rire, réalisant qu’il ne servait à rien de vouloir toujours donner un sens aux choses, et comprenant qu’une comédie n’est jamais qu’un drame passé en vitesse accélérée, comme le dit si bien le grand Frank Capra.
Aujourd’hui que je suis un homme âgé retournant tout naturellement vers l’enfance, je me souviens de cette pièce, et me moque du jeune homme prétentieux que j’étais alors en y assistant. Les enfants avaient raison, et parfois, le premier degré a du bon, lorsque le cœur est pur.

Georgie de Saint-Maur 26/03/2016 16:42

Cher Baron, quelle fraîcheur. Quelle candeur naïve chez ces têtes blondes rejouant « Les Fistons » de retour au campement. Merci pour ce message de paix. Et la pièce, quelle belle distribution, quand bien même la version où Pauline Carton incarne Colombine reste ma préférée.
Quel bonheur aussi de vous voir découvrir l’allusion à l’œuf de Colomb. Merci et bravo.

Jérôme Pitriol 25/03/2016 00:13

C'est pour ma part la réflexion sur la fraternité, qui m'a surtout frappé, dans cette pièce. Cela me parle, en ce moment. Ces deux ovules-là ne devraient pas être frères (la poule et l'autruche n'ont pas du tout les mêmes mœurs), pourtant par on ne sait quel miracle ils le sont, mais malgré tout tout les sépare. Tout sépare le blanc du jaune, c'est bien connu. Et la mésentente commence très tôt, pour un motif souvent incompréhensible vu de l'extérieur. Et l'on se tire dans les pattes, dans les mollets, dans les œufs, etc., la liste est longue et tend vers l'infini... Pourtant à l'opposé, les trois sœurs, les Parques, parviennent à vivre en bonne entente, puisqu'elles partagent un misérable lapin, qui n'a même pas bon caractère, semble-t-il. Elles y parviennent tout en modelant la destinée de ces deux nouveaux presque nés, montrant à leur façon que tout semble possible à qui veut bien éclore.

Georgie de Saint-Maur 25/03/2016 01:29

Il est vrai que les allusions à Romulus et Remus n’expliquent pas l’origine de l’inimitié de ces œufs. Il reste des traces de poudre et on finit par comprendre que c’est le thème même de la fratrie brouillée qui est abordé ici sans vergogne. René Tourdi est le cadet d’une famille de quatre enfants. Sans doute en a-t-il vu des vertes et des pas mûres (et l’on retombe sur le mur/décor de Philippe Sarr). Les Parques sont invoquées alors que, selon moi, cela aurait dû être le Père Temps. Il a un sablier, l’outil idéal pour cuire les œufs mollets.

Philippe Sarr 24/03/2016 16:40

Cher Georgie,

"Les Fistons" sont au théâtre ce que la fistule est au labyrinthe! Moins "d’unité", donc. Tout pour l’ambiguité, l’ambivalence, la césure (Œuf de poule et Œuf d’autruche étant les symboles de l'impossible couple, les nouveaux Caïn et Abel), mais une multiplication des scènes (réelles/imaginaires) jusqu’à l’ob-scène. Tourdi, étourdi par ses propos, en bon dialoguiste, se fait le maître (du temps et du destin des mots) d’une schizoscène et d'une schizophasie fracassantes (comme le sont les paroles de chaque protagoniste qui roulent comme des oeufs tombés du mur, seul élément de décor envisageable) ou chaque personnage, ici les mots, s' inscrit dans un discours schizophasique en même temps que dans un comique de répétition. Il invente, à la manière d’un Humpty-Dumpty, un nouveau langage dans lequel le sens commun bat de l’aile et se lézarde comme la scène, ombre/double inavoué, laquelle pose un lapin à la raison, la suspicion étant jetée, l’art du colombage auquel s’adonnent innocemment, tout au moins apparemment, les œufs-frères ennemis, se défaisant à son tour, alors qu’il était censé supporter le poids du sens, assembler plutôt que dissocier – colombages qui ne sont qu’une autre figure du lien ou du fil de la vie… Art du dévoilement donc (impossible striptease). Dés lors, se tromper sur la marchandise des mots revient à s’étourdir pour échapper au lieu commun où tout s’est déjà dit. Et s’étourdir, c’est glisser imperceptiblement dans le monde de l'inédit, là ou les liens, les fils (incarnés dans la pièce par les « fistons » qui en sont également le titre, voire les « colombages », qui, par de subtils colombinatoires, aident alors à « construire » et à élaborer du sens), de la raison se défont rongés de l'intérieur, le Lapin, fusionnellement associé aux Parques n’étant là que pour nous indiquer, au milieu du carrefour, la voie à suivre ou à ne pas suivre…

Un habile rafistonnage donc destiné à tuer dans l'oeuf toute tentative de réhabilitation du lien entre le signe et le sens, les œufs de poule et d’autruche. D’où les dialogues, donc, très platoniciens, la référence, à travers les deux ovo-personnages, à Humpty-Dumpty, celle aux Parques (les trois sœurs), maitresses du Temps et du Destin, ici associées au Lapin carrollien et à ses tours(dit) d’inénarrable passe-passe langagiers…
La question est donc là, une fois de plus posée à plat sur une scène bifide (réel/imaginaire), question que l’ombre de Humpty-Dumpty, nouveau Sphinx, nous ascène du haut du 'mur" qui à la fois unit et sépare. Question toute socratique, car il s’agit, comme le fait le philosophe, d’embrouiller ce qui est débrouillé (le signe et le sens), pour mieux obscurcir la raison, la faire renoncer à cette autre utopie qu’est la poule (ou l’autruche) aux œufs d’or : ah ?

Georgie de Saint-Maur 24/03/2016 17:11

Cher Philippe,
Magnifique ! Magique ! Tout y est : le mur qui sert de décor inamovible où se meuvent des œufs rétifs. L’aube des mots et leur croissance/devenir incertain. La figure ronde et lisse de sens d’un Humpty Dumpty contrit. Colombine et ses superstructures sémiologiques. Ma maïeutique. Une belle écriture. Tout le talent de René Tourdi s’en trouve étoffé, commémoré. On s’attendait bien sûr à ce que les œufs soient durs entre eux, mais, grâce à votre analyse, on redécouvre des œufs brouillés à tout jamais. De beaux jeux de mots (ascène ; ob-scène ; poser un lapin ; colombinatoires ; rafistonnages), un feu d’artifice compréhensible. Ah bravo ! Bravo et merci.