Septième séquence : Les costumes

Publié le par Editions de l'Abat-Jour

― Passons à côté, si vous le voulez bien, proposa le père Fétiche.

Ils se retrouvèrent dans le petit salon.

― Alors, dit Crochetrain, dites-moi la vérité, n’auriez-vous pas eu besoin, ces derniers temps, de notes concernant les nouvelles tactiques de Tépapoly ?
― Pas du tout ! dit Crevert. On m’a fait cadeau de toute une série de réflexions extrêmement raturées, mais du plus haut et du plus passionnant intérêt. 
― Et, sans indiscrétion, peut-on savoir qui vous a fait ce cadeau étonnant ?
― Figurez-vous que je l’ignore. Je me trouvais par munster il y a deux ans, heu… je veux dire il y a deux heures, chez le père Fétiche, pour je ne sais plus quelle histoire d’arrangement prévu… Lorsqu’une noix me parvient du placard à balais, qui me dit : « Demain, dans votre boîte aux lettres, vous trouverez une pile de documents très intéressants ! » Je bondis sur le placard, paf ! je trébuche. Le temps de tomber par terre et mon mystérieux interlocuteur avait disparu par un passage secret.
― Je n’en crois rien…
― Vous doutez de moi ? Je vous lance un défi, Monsieur, et en costume.
― Je mettrai celui avec lequel je vais disputer le championnat international de Combes-la-Buse, la rencontre aura lieu dans quatre ans, en terrain connu, dans la cellule KP-7.
― Fort bien, répondit l’antithétique Crevert.

 L’Écholapsus :
De quel genre de terre inconnue s’agit-il ?
Probablement de la même que celui de leur première rencontre.
Il faudra pour cela (quand nous aurons un peu de temps devant nous) nous reporter aux dates qui nous ont été indiquées dans la toute première partie du texte.

La tradition exigeait alors, en effet, lors des matchs, le port d’un costume personnalisé, sur lequel était fréquemment cousu le blason ou l’écusson d’origine des individus.
Cette coutume s’était perpétuée jusqu’au milieu du siècle.

Aussi n’éprouvait-on absolument aucune difficulté à décrypter, d’après ce costume, l’époque approximative à laquelle s’était déroulé le spectacle.

Celui de Crevert laissait deviner sur son épaule gauche un bouton de cuivre, constituant la première attache d’une cape vert billard.
Outre sa taille anormale, très frappante, on voyait, gravé sur ce bouton, un petit cercle rouge dans lequel s’inscrivait un ovale géométrique, qui conservait en son sein cette simple devise : « Tu es mon ami, mon salami ».
Ce qui, avec une marge d’erreur minime, permettait d’affirmer qu’il était issu d’une compagnie particulièrement active, connue dans la geste pour son extension rapide, qui s’était donnée pour mot d’ordre de réunir sous une même Maison toutes les structures isolées. Ses membres avaient été parmi les premiers à organiser des rencontres de type international. 

Ce lot d’informations soulageait Crevert. Il se rendait compte que, petit à petit, les choses devenaient tout à fait intelligibles.

L’Echolapsus :
Les choses devenaient tout à fait inintelligibles. Bigre, voici une moisson inespérée de renseignements à propos des costumes.
Réfléchissons, peut-elle nous être utile à comprendre un mécanisme ou une action ?

Georgie de Saint-Maur 
 

Quelles informations tirer de ce bref épisode ? Où situer chronologiquement la rencontre présentée au début ? Qui était le mystérieux interlocuteur de Crevert ?
Les costumes jouent-ils un rôle quelconque dans le Tépapoly ?


Écho n°77, par Georgie de Saint-Maur :
Les décors sont de Roger Hart, les costumes de Donald Caldwell.
Dans son livre
Le Père fétiche, apologie du sens, Victor-Emmanuel Allard nous expose sa vision des choses. Perspective vertigineuse que celle où il nous apprend que le sens naît du non-sens.
« Dans un monde de nonsense, la moindre lueur de sens est mise en évidence et magnifiée. » Allard voit dans
Les Costumes, une affirmation logique du jeu. Enfin des échos.
 
Nous ne sommes pas loin de partager cette alternative, en regard du peu d’information que nous offre le chapitre. Les Costumes ressemblent à une décision importante ? Crochetrain n’est pas dupe, son ami (son salami), lui a volé quelque chose… 

Écho n°78, par Romain G. :
Je suis peut-être bête (c'est même fort probable), mais je ne comprends rien à vos textes et je n'arrive pas à y accrocher car je trouve que vous faites de l'hermétisme croisé avec une certaine forme de littérature cryptée. Trop de références, de singeries, de sous-couches de narration qui, au final, donne un ton très pédant à vos écrits. Voilà, enfin, c'est une critique qui ne vaut pas grand chose, mais je le répète : je suis peut-être bête. J'ai l'impression d'avoir 14 ans et de tenir entre les mains un livre-jeu qui croit qu'écrire a pour fonction de distraire & amuser le lecteur. Ce livre me tombe des mains. 

Écho n°79, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Romain,
Le livre vous tombe des mains ? Ça ne m’étonne guère.
Félicitations pour en avoir lu ce que vous en aurez lu avant que cela n’arrive.
Merci pour votre commentaire franc et direct.
 

Écho n°80, par Romain G. :
C'est vrai que je n'aime pas « jouer » en lisant et qu'avec vous je passe mon temps à me gratter la tête en réfléchissant... « où veut-il en venir ? ».
Faudrait que je vous relise à tête reposée (parce qu'au final tout ce que vous écrivez est très érudit donc forcément intéressant) et surtout que je relise tout en entier (et non de façon morcelée - même si c'est le principe même du feuilleton !)

Cordialement. 

Écho n°81, par Georgie de Saint-Maur :
Dans Le Père fétide, un essai de Freddy Maquet, ce dernier nous assène que ce livre « a été écrit sur le pot du W.-C. ». Maquet n’est pas plus tendre avec les personnages qu’il qualifie « d’étrons surnageant dans la cuvette ». Il va de soi que je ne recommande pas la lecture de ces 32 pages d’insultes et que je préfère de loin le passage où il concède que « Psychœ et Psychæ sont les deux plus belles femmes de la littérature », et que sous leur charme fascinant il « se soulage souvent la nuit ».
Comme on le voit, Maquet ne prend pas de gants !
Il n’empêche que voici encore un ouvrage consacré au
Père fétiche, ce sphinx imperturbable qui déploie ses ailes de géant, comme l’albatros de Baudelaire, sous l’apparence d’un ramassis de stupidités. 

Écho n°82, par S.C.S. :
Cher Georgie,
Je sais, ça faisait longtemps ! (beaucoup de travail !)
Je rentre à l'instant (je devrais dire il y a cinq heures, c'est-à-dire : cinq minutes, mais peut être devrais-je décomposer d'années en mois, de mois en jours, de jours en heures, et d'heures en minutes... Le temps me manque. Nous garderons : cinq minutes, allez six ! que le temps passe vite ! sept...) de chez Castorama - la bêche était en promo, la pioche en revanche m'a coûté fort cher.
Ah tiens ! Pioche... Revanche... Décidément tout mène à vous !
Prenez soin de vous, la synapse est fragile et se greffe très mal ! (Ca me fait penser que les cellules du cerveau... mais non, oublions !...

Bien à vous.

Écho n°83, par Georgie de Saint-Maur :
Cher S.C.S,
Voici un gentil commentaire qui ressemble plus à un message à un ami.
Je vous en remercie.
Une bêche ? Une pioche ? Entamez-vous une période de jardinage ?
Félicitations, en tout cas, pour vos nouveaux achats.
 

Écho n°84, par S.C.S. :
Il n'en est rien ! Ces outils, blessants, pour qui ne sait s'en servir, vont m'être utiles pour creuser vos terres inconnues. Vous ne m'avez rien dit sur le temps. 20 ans - je ne peux y croire ! Vos époques me semblent si éloignées les unes des autres... Grec - Napoléonienne -Aujourd'hui et un peu d'hier... Alors, ce temps, cher Georgie ? 

Écho n°85, par Georgie de Saint-Maur :
Cher S.C.S,
Je vous présente toutes mes confuses.
Je suis idiot de ne pas avoir compris que vous parliez du texte.
Je ne vous ai rien dit sur le temps, c’est exact. Vous avez portant vu juste lorsque vous me dites que les personnages confondent les heures, les minutes et les années. Bravo. Cela pourrait signifier que le temps ne compte pas (ou plus), pour eux dès lors qu’ils sont morts. La mort dure longtemps. 
Pour ce qui reste du « temps » du roman je vais faire une confidence et une autocitation :

[…] Conséquence inattendue de tout cela : une semaine entière à me consacrer à la rédaction de mes textes à mes lectures et autres intellectualités…
Je ne sais si je t'en ai déjà parlé, mais ma façon de travailler sur mes livres s'apparente énormément à celle de peindre des toiles à la peinture à l'huile.
Si l'artiste utilise ce matériau (l'huile), il se retrouvera vite arrêté par de longs temps de séchage entre les couches successives.
Un des moyens dont il dispose pour remédier à cela, est de commencer plusieurs toiles à la fois ! Généralement sur des sujets forts différents les uns des autres pour ne pas sombrer dans l'ennui de la routine.
Il entamera donc un paysage, un portrait, une scène de bataille, etc.
L'idéal étant de disposer du plus grand nombre possible de toiles sur lesquelles on soit en mesure de travailler.
Ainsi procède-je avec ma littérature.
Ce long préambule pour t'expliquer que je laisse souvent un texte dormir plusieurs années avant de le reprendre et d'y retravailler.
Ce fut le cas cette fois-ci de mon roman cryptographique « Le Père Fétiche », auquel je retouchais après un luxe d'avatars dont le dernier datait de 1997.
Toute une semaine à corriger, à remanier, à remplacer, à comparer et à presque tout jeter au panier… Un régal pour les écrivains passionnés par leur travail.
En est sorti un texte dactylographié de 39 pages, que je me suis empressé d'enfermer dans mon gros classeur à anneaux « Romans/Projets textes » où il a été rejoindre beaucoup d'autres prototypes que tu pourras certainement lire un jour si le Grand Architecte me prête vie assez longtemps encore.
Là je vais le laisser dormir jusqu'à la fête des morts 2010 où il rejaillira dépouillé de scories et auréolé d'une gloire et d'un intérêt nouveaux.
« Lettre à ma sœur », 2009
Voilà j’espère avoir un peu répondu à votre question que je vous remercie d’avoir posée.             

Écho n°86, par Philippe Sarr :
Cher Georgie,
Ainsi, les personnages s’agitent-ils devant le feu qui menace. Ils sont « contraints ». La langue qu’ils utilisent se meure elle aussi. Sous l’énigmatique (le Tépapoly ?) contrainte ! Le Père Fétiche/Sphinx est aux abois. Le Temps se désagrège. Des aveux ? Mais, j’entends d’ici de terribles hurlements. Le croit-on mort que le Père Fétide riposte avec un talent majestueux ! Surréaliste ! Oulipien ? Le Père Fétiche « roman cryptographique » ?! Edgar Allan Poe serait-il donc du Voyage lui aussi ? Aux côtés des magnétiseurs ! Et Baudelaire, via Brautigan ? Baudelaire entrant dans cet asile somptueux déguisé en psychiatre… Et l’asile se frottant contre sa jambe (celle du psychiatre) tel un drôle de matou ! (extrait de « Tu es si belle qu’il se met à pleuvoir ! »... en dédicace spéciale Psychae !)…
Tous finiront-ils leur course effrénée dans la même « cellule » (prison ?) de l’hôtel oedipien, là où les « comptes » doivent, devront se régler… Charybde, Scylla ? Choix stratégique ?
Ruse de renard ? Le texte se cherche-t-il ? Le texte un phare… à « on » ?… Sa , ses voix (hétérogénéité évidente)… si longtemps tues crépitant ? Il absorbe (le texte – comment écrire avec des « mots morts » ?), rejette, s’invente, se réinvente, ose, qui plus est des plans d’attaque audacieuse et redoutable. L’antitexte doit-il alors sa profondeur, sa verticalité – en ordonnée sur l’échiquier ? (profondeur d’un sens caché que le lecteur devineur par ses lectures actives et/ou commentaires apocryphes tentent de faire remonter à la surface – tentant alors de comparer ce « corps de texte là » caché en dedans, à un « noyé » - un noyer ! dirait l’Echolapsus !, dépourvu de racines et de rhizomes... , chemin et lecture faisant, texte au bord de l’implosion, donc, qui se fissure et laisse échapper une substance (fétide !) constitué de cris tus incantatoires, de chants maldororiens…) au présupposé énigmatique… Sa lecture (chemin faisant) représentant alors l’horizontalité (abscisse) ?
Enigmatique et sacré. Une sacralité mythique voire religieuse (les costumes – lesquels pourraient aussi bien être une allusion, une de plus... à nos Immortels Académiciens ! - ) ou au présupposé sacrificiel (mots qu’on égorge et sacrifie tels des moutons de Panurge au sommet de la pyramide – celle du sens ?). Sans l’une l’autre (énigme – sacralité) pas de réception du texte par le lecteur devineur. Plan d’attaque redoutable. Ruse ! Scylla : « Cet antitexte sera le tombeau du sens »…
L’antitexte dynamite le sens et la continuité du texte ? L’Echolapsus fait de son côté référence à un autre discours dans la marge donc, se faisant source d’autres possibilités de lectures. L’antitexte se matérialise par la multiplicité des voix, sa discontinuité temporelle. Les nombreuses exégèses (d’où viennent-elles, ne s’est-on jamais interrogées sur leurs origines, également celles de ces auteurs « fantoches » fétichistes qui les ont soi-disant conçues ?)…
Georgie ? Georgie/Père Fétiche ? « …Ainsi procédé-je avec ma littérature… je laisse souvent mes textes dormir plusieurs années avant de les reprendre et d’y retravailler (le manuscrit raturé remis à Crevert n’en est-il pas un exemple… manuscrit volé puis restitué, présent ici et hors d’ici – comme le Horla de Maupassant ? )… Ce fut le cas avec mon roman cryptographique « Le Père Fétiche » et ses nombreux avatars. Corriger, remanier, remplacer, comparer puis tout jeter au panier puis tout récupérer ?...
Remiser dans un classeur à anneaux (les anneaux, des vers creux comme Crevert et son envers ?) ?! Textes palimpsestes ? Georgie personnage de son propre roman ? Un roman à « contraintes »… Qui voyagerait ainsi d’un monde à l’autre ? Georgie / Crochetrain / Crevert / Psychae ?
Des têtes ne risquent-elles pas de tomber ? Et si oui, lesquelles ?

Quel refuge, quelle tanière cette fois-ci… Escalier de secours… 

Écho n°87, par Serge Hamels :
Je trouve les commentaires de Philippe Sarr terribles !
Ils valent un bouquin à eux tout seuls.
à côté d'eux les miens, c'est du pipi de canari, mais bon, pour les costumes, je crois que j'ai trouvé. Les personnages sont tout nus. Ce sont des nudistes (hop, tout à l'air).
C'est pour ça qu'ils parlent de costumes, ils seront contents d'aller se rhabiller !

Non, je plaisante, l'idée de cet anti-texte est chouette. 

Écho n°88, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Philippe, cher Serge,
Je déplace ma réponse à vos excellents commentaires dans ceux de la prochaine séquence.
Merci de votre compréhension. 
 

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Georgie de Saint-Maur 09/04/2013 18:12


Cher Philippe, cher Serge,


Je déplace ma réponse à vos excellents commentaires dans ceux de la prochaine séquence.


Merci de votre compréhension.

Serge Hamels 08/04/2013 14:31


Je trouve les commentaires de Philippe Sarr terribles !


Ils valent un bouquin à eux tout seuls.


à côté d'eux les miens, c'est du pipi de canari, mais bon, pour les costumes, je crois que j'ai trouvé. Les personnages sont tout nus. Ce sont des nudistes (hop, tout à l'air).


C'est pour ça qu'ils parlent de costumes, ils seront contents d'aller se rhabiller !


Non, je plaisante, l'idée de cet anti-texte est chouette.

Philippe Sarr 08/04/2013 11:01


Cher Georgie,


 


Ainsi, les personnages s’agitent-ils devant le feu qui menace. Ils sont « contraints ». La langue qu’ils utilisent se meure elle aussi. Sous l’énigmatique (le Tépapoly?)
contrainte ! Le Pére Fétiche/Sphynx est aux abois. Le Temps se désagrège. Des aveux ? Mais, j’entends d’ici de terribles hurlements. Le croit-on mort que le Père Fétide riposte avec un
talent majestueux ! Surréaliste ! Oulipien ? Le Pére Fétiche « roman cryptographique » ?! Edgar Allan Poe serait-il donc du Voyage lui aussi ? Aux côtés des
magnétiseurs ! Et Baudelaire, via Brautigan ? Baudelaire entrant dans cet asile somptueux déguisé en psychiatre… Et l’asile se frottant contre sa jambe (celle du psychiatre) tel un
drôle de matou ! (extrait de « Tu es si belle qu’il se met à pleuvoir ! »... en dédicace spéciale Psychae !)…


Tous finiront-ils leur course effrénée dans la même « cellule » (prison ?) de l’hôtel oedipien, là où les « comptes » doivent, devront se régler… Charybde, Scylla ?
Choix stratégique ?


Ruse de renard ? Le texte se cherche-t-il ? Le texte un phare… à « on » ?… Sa , ses voix (hétérogènèité évidente)… si longtemps tues crépitant ? Il absorbe (le texte
– comment écrire avec des « mots morts » ?), rejette, s’invente, se réinvente, ose, qui plus est des plans d’attaque audacieuse et redoutable. L’antitexte doit-il alors sa
profondeur, sa verticalité – en ordonnée sur l’échiquier ? (profondeur d’un sens caché que le lecteur devineur par ses lectures actives et/ou commentaires apocryphes tentent de faire
remonter à la surface – tentant alors de comparer ce « corps de texte là » caché en dedans,  à un « noyé » - un noyer ! dirait l’Echolapsus !, dépourvu de
racines et de rhizomes... , chemin et lecture faisant, texte au bord de l’implosion, donc, qui se fissure et laisse échapper une substance (fétide !) constitué de cris tus incantatoires, de
chants maldororiens…) au présupposé énigmatique… Sa lecture (chemin faisant) représentant alors l’horizontalité (abscisse) ?


Enigmatique et sacré. Une sacralité mythique voire religieuse (les costumes – lesquels pourraient aussi bien être une allusion, une de plus... à nos Immortels Académiciens ! - ) ou au
présupposé sacrificiel (mots  qu’on égorge et sacrifie tels des moutons de Panurge au sommet de la pyramide – celle du sens ?). Sans l’une l’autre (énigme – sacralité) pas de réception
du texte par le lecteur devineur. Plan d’attaque redoutable. Ruse ! Scylla : « Cet antitexte sera le tombeau du sens »…


L’antitexte dynamite le sens et la continuité du texte ? L’Echolapsus fait de son côté référence à un autre discours dans la marge donc, se faisant source d’autres possibilités de lectures.
L’antitexte se matérialise par la multiplicité des voix, sa discontinuité temporelle. Les nombreuses exégèses (d’où viennent-elles, ne s’est-on jamais interrogées sur leurs origines, également
celles de ces auteurs « fantoches » fétichistes qui les ont soi-disant conçues ?)…


Georgie ? Georgie/Pére Fétiche ? « … Ainsi procédé-je avec ma littérature… je laisse souvent mes textes dormir plusieurs années avant de les reprendre et d’y retravailler (le
manuscrit raturé remis à Crevert n’en est-il pas un exemple… manuscrit volé puis restitué, présent ici et hors d’ici – comme le Horla de Maupassant ? )… Ce fut le cas avec mon roman
crypographique « Le Père Fétiche » et ses nombreux avatars. Corriger, remanier, remplacer, comparer puis tout jeter au panier puis tout récupérer ?...


Remiser dans un classeur à anneaux (les anneaux, des vers creux comme Crevert et son envers ?) ?! Textes palimpsestes ? Georgie personnage de son propre roman ? Un roman à
« contraintes »… Qui voyagerait ainsi d’un monde à l’autre ? Georgie/Crochetrain/Crevert/Psychae ?


Des têtes ne risquent-elles pas de tomber ? Et si oui, lesquelles ?


Quel refuge, quelle tanière cette fois-ci… Escalier de secours…

Georgie de Saint-Maur 07/04/2013 02:29


Cher S.C.S,


Je vous présente toutes mes confuses.


Je suis idiot de ne pas avoir compris que vous parliez du texte.


Je ne vous ai rien dit sur le temps, c’est exact. Vous avez portant vu juste lorsque vous me dites que les personnages confondent les heures, les minutes et les
années. Bravo. Cela pourrait signifier que le temps ne compte pas (ou plus), pour eux dès lors qu’ils sont morts. La mort dure longtemps.


Pour ce qui reste du « temps » du roman je vais faire une confidence et une autocitation :


[…] Conséquence inattendue de tout cela : une semaine entière à me consacrer à la rédaction de mes textes à mes lectures
et autres intellectualités…
Je ne sais si je t'en ai déjà parlé, mais ma façon de travailler sur mes livres s'apparente énormément à celle de peindre des toiles à la peinture à l'huile.
Si l'artiste utilise ce matériau (l'huile), il se retrouvera vite arrêté par de longs temps de séchage entre les couches successives.
Un des moyens dont il dispose pour remédier à cela, est de commencer plusieurs toiles à la fois ! Généralement sur des sujets forts différents les uns des autres pour ne pas sombrer dans
l'ennui de la routine.
Il entamera donc un paysage, un portrait, une scène de bataille etc.
L'idéal étant de disposer du plus grand nombre possible de toiles sur lesquelles on soit en mesure de travailler.
Ainsi procède-je avec ma littérature.


Ce long préambule pour t'expliquer que je laisse souvent un texte dormir plusieurs années avant de le reprendre et d'y
retravailler.
Ce fut le cas cette fois-ci de mon roman cryptographique "Le Père Fétiche", auquel je retouchais après un luxe d'avatars dont le dernier datait de 1997.


Toute une semaine à corriger, à remanier, à remplacer, à comparer et à presque tout jeter au panier… Un régal pour les
écrivains passionnés par leur travail.


En est sorti un texte dactylographié de 39 pages, que je me suis empressé d'enfermer dans mon gros classeur à anneaux
"Romans/Projets textes" où il a été rejoindre beaucoup d'autres prototypes que tu pourras certainement lire un jour si le Grand Architecte me prête vie assez longtemps encore.
Là je vais le laisser dormir jusqu'à la fête des morts 2010 où il rejaillira dépouillé de scories et auréolé d'une gloire et d'un intérêt nouveaux.


Lettre à ma sœur 2009


Voilà j’espère avoir un peu répondu à votre question que je vous remercie d’avoir posée.         

S.C.S. 06/04/2013 18:55


Il n'en est rien! Ces outils, blessants, pour qui ne sait s'en servir, vont m'être utiles pour creuser vos terres inconnues. Vous ne m'avez rien dit sur le temps. 20 ans - je ne peux y croire!
Vos époques me semblent si éloignées les unes des autres... Grec - Napoléonienne - Aujourd'hui et un peu d'hier... Alors, ce temps Cher Geogie?