Les fausses notes du chapeau malon

Publié le par Editions de l'Abat-Jour

Le Père Fétiche vous trouble ? Le Tépapoly vous embrume ? Vous souhaitez y voir plus clair dans cet étrange et insaisissable feuilleton ? Pour vous, Georgie de Saint-Maur sort de son chapeau ces quelques notes qui en disent long (1).   

Note n°1

Dans Le Père Fétiche, beaucoup trop d’actions parallèles et inexplicables…
L’anti-texte est perturbé, haché par des extraits d’autres livres, par le contenu de bandes magnétiques.
On ne sait plus qui parle ni qui agit.
Le contenu semble trop grand pour son contenant et les interventions récurrentes d’un écho (2) renforcent son illisibilité.

Note n°2

Le Père Fétiche est le résultat d’une collaboration, je dirais même d’un éphémère atelier d’écriture (3).
Une expérience menée avec ma sœur Minnie.
L’idée de travailler ensemble sur cet anti-texte singulier s’est imposée tout doucement et de façon agréable.
Les aboutissements devraient être fabuleux.

Note n°3

Le Père Fétiche est un anti-texte longtemps resté embrouillé, à mi-chemin entre le délire qui fustige toutes les lois de la dramaturgie… 
― objectifs multiples 
― protagonistes difficilement identifiables 
― manque d’unité d’action 
… et une lubie confuse. 

Le jeu cité : le Tépapoly, n’est rien qu’une obstination désagréable à construire des maisons et des hôtels par-devers soi.
C’était par excellence le lieu où tous les écrivains en herbe pouvaient, en rédigeant les paragraphes, y apposer leur signature…
Un vrai régal pour les amateurs du genre.

Note n°4

Constatons que Crevert et Crochetrain, les personnages principaux du Père Fétiche, sont aux prises avec bon nombre de protagonistes, dont je ne trace aucun portrait physique ; ce qui, du reste, est également leur cas.
Cette remarque peut également être faite pour tout ce qui concerne la psychologie des rôles. Un très grand nombre d’activités mentales ou matérielles demeurent sciemment aussi éloignées de nous que faire se peut.
Puisqu’on ignore de qui il s’agit et de quoi il retourne, projeter un postulat de confiance (indispensable à l’engagement de l’imagination sur un de ces personnages) est parfois fort incommode, et le processus d'une participation par délégation quelquefois abrupt.

Note n°5

De toute évidence, dioptrie et mise en relief par la vision simultanée ou quasi simultanée des accessoires du récit, les commentaires de l’Écholapsus sont des retrouvailles.
Une vieille feuille jaunie où se lit la complainte des hiéroglyphes égyptiens en quête d’éternité. Cette lamentation qui supplie le passant de prononcer encore, ne fût-ce qu’une seule fois, le nom.
L’Écholapsus est l’historien mort de ma jeunesse.
Ses « commentaires » constituent ce qu’il y a de plus symptomatique dans ma technique d’écriture : l’obsession du ricochet.
De la même façon que ricochent les uns sur les autres Comment se faire éditer, Curiœsités et L’Avenue du rire.
Quand, au cours d'une introspection ou par le jeu de sa mémoire, Crevert discourt dans un « temps » absolument différent de celui des autres personnages (aussi bien ceux qui figurent dans ses écrits que dans la description des évènements de sa vie), il crée ce ricochet.

Attention, même en ne les plaçant qu'au niveau de la suggestion d’éclaircissements (positifs au début du texte), reconnaissons en Crevert et Crochetrain, des « demi-dieux », qui semblent en premier lieu fournir un biais par lequel viendraient les explications.
Ils opèrent plutôt en « narrateurs », au sens ou ils agissent sur le récit, plutôt que d'en suivre, avec vous, son déroulement et sa conclusion.
En fait, ils ne possèdent pas du tout la transparence, inhérente à la première lecture.
Il n’est pour le prouver que de citer le nombre élevé de fois où ils sont pris d’un « brusque désir de clarifier la situation ».
Situation qu’ils domineraient subséquemment, ou plutôt dont ils auraient la précognition à travers une expérience existentielle. Cette expérience ne peut être que celle du moment où ils vivent les phrases que nous lisons.
Ironie dramatique où le lecteur est bien le seul à ne pas comprendre ce qui se passe, Crevert et Crochetrain possèdent leur propre temporalité.
On peut même dire, qu'avec ambiguïté, ils prennent le récit à rebours et nous donnent l’illusion de le recommencer sans cesse, en y apportant les variantes d’un canevas échiquéen.
Comme si, à chaque fois, ils entamaient une nouvelle partie. 

Note n°6

L’Écholapsus (4) est essentiellement yin. Il pourrit facilement et il faut le recouvrir. C’est un peu pour cela que nous ne comprenons pas toujours ses interventions.
Il reste cependant une incision douloureuse dans un texte déjà démenti par les protagonistes.
À ce double déni vient s’ajouter une ferme volonté d’embrouiller les cartes.
Pauvre lecteur !

Note n°7

Père fouettard ou père fouetté ?
Le Père Fétiche pourrait bien être le Père Fantoche.
Cet anti-texte est presque pesant de par son hermétisme. On ne comprend rien à l’histoire et on ne se projette que difficilement dans les objectifs de ses protagonistes. Cela vaut tout particulièrement pour le père Fétiche.

Note n°8

Nous concevrons des doutes vis-à-vis du jeu de Tépapoly qui se veut impérativement primordial à l’exercice de toute compréhension.
Tépapoly qui vise à une victoire mais se disqualifie d’emblée, en nous dérobant son fonctionnement.


1 La plupart des textes ont pu être annotés grâce aux Fonds de Saint-Maur de la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux. Crevert, Crochetrain et le père Fétiche passionnent depuis longtemps tous les amateurs de crypto-littérature.

2 L’Écholapsus intervient sans cesse, tandis que le chapeau melon donne son opinion à chaque fin de chapitre (voir infra : « chapeau, chapelle »).

3 Une très belle tentative d’atelier d’écriture (Scripta), responsable des trois quarts de ce roman, mais qui ne comptait en son sein que la sœur de l’auteur.

4 L’Écholapsus est probablement l’incarnation de notre propre historicité.


Georgie de Saint-Maur

Écho n°99, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Serge,
« Mad as a hatter » et « Mad as a March hare » étaient des expressions courantes à l’époque de Charles Dogdson (Lewis Carroll). Je ne me vexerai donc pas de votre commentaire. D’autant plus que je vois perler en vous une admiration commune pour Alice. Bravo.
Les œufs sont une parenthèse.
Ce texte a-t-il été écrit pour les tout petits ? Voici aujourd’hui les notes qui devraient vous prouver le contraire.
Merci d’en prendre connaissance.

Écho n°100, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Philippe,
Seul Crevert sera (provisoirement), un personnage mutant. Seul Crochetrain aura motif à vengeance.
Oui, vous avez raison, le père fétiche est bibliophile et boude les nouvelles technologies…
Mais je vous propose de laisser là ces œufs cuits durs (qui n’étaient qu’un clin d’œil), et de nous consacrer aux notes.
Cordialement.

Écho n°101, par Serge Hamels :
On oublie tout et on recommence ? Ok, te absolvo.
Alors ces notes ? Ces fameuses« fausses » notes ? Et d'abord pourquoi « chapeau malon » ?
Ça commence bien. Enfin j'ai tout lu et je trouve que ça rend le texte plus lisible. On aurait peut-être dû les voir plus tôt ces notes. Quoique...
À propos, qui a écrit ces notes ? Encore de sombres idiots écrivains improbables ?
Allons, vivement la suite. je me réjouis de voir muter Crevert.

Écho n°102, par Philippe Sarr :
Cher Georgie,
Huit fausses notes, on y voit de plus en moins clair et la mélodie déraille ! Objectif atteint. La contrainte agit. Se renforce. La contrainte seule permettant l'engagement (du lecteur). Son adhésion au texte. Fausses notes qui portent bien leur nom, puisque plus obscurcissantes que jamais. Du brun Van Dick bien épais. À l'ancienne ! Et le tour est joué. Abolition de la perspective. Peu importe. Les Primitifs italiens s'en sont bien passés avec le résultat que l'on sait. La Bête, le Père Fétiche peut donc pavoiser. Ne nous nargue-t-il pas (« Ne croyez pas que je sois sur le point de mourir, car je ne suis pas encore un squelette, et la vieillesse n'est pas collée à mon front. ») ? Vouliez-vous des« éclaircissements » ? Les voici, qui rendent plus opaque encore un texte qui ne saurait supporter la lumière et de ce fait préfère rester dans l'ombre (celle de ces jeunes filles en fleurs que sont Psychae et Psychoe ?).
Dire du contenu qu'il est « plus grand que le contenant », signifie que nous sommes en plein« débord ». (L'antitexte antilait se gonfle donc de sens, a implosé, se répand comme une lave in(can)descente. D'où son « illisibilité ».Antitexte absolu. D'où les « fausses notes » ! D'où cette« diarrhée cacaphonique », carrollienne (un soupçon même léger de« Finnegans wake » ?). Cacophonie burlesque entretenue par un Echolapsus plus bruyant que Nature voire que certaine bande magnétique. Se répercute de ricochet en ricochet le long de l'Onde Noire.
Atelier d'écriture. texte à quatre mains issu d'une collaboration « familiale » ? Combien de Crochetrain, combien de Crevert (mais qui « se soucie d'eux, puisqu'ils ne sont qu'un jeu de cartes » ?).
Combien de lectures possibles, puisque l'esprit du texte, carrollien, est de n'en avoir aucune qui soit plus valide que l'autre ? Si ce n'est le refus du raisonnable, du « rationnel » ? Combien de « récupérations » du texte, de « détournements »,convergents ou divergents, pour un seul et même « Père Fétiche » ?
Tout comme le « Alice... »...

Écho n°103, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Philippe,
Ainsi les notes (les faussesnotes), n’ont rien éclairci ?
On y voit de plus en moins clair ?
Pourtant la force de ces notes est leur sincérité. Paradoxalement vous me parlez de l’engagement du lecteur, de son adhésion au texte. N’est-ce pas là pour moi, l’auteur, un pas dans la bonne direction ? Si elles obscurcissaient davantage un texte déjà ténébreux, le lecteur s’engagerait-il dans une lecture ?
Je ne suis pas le livre Le Père Fétiche, ce livre qui, soi-disant, ne veut pas être lu. Je suis son auteur qui vise à la communication. À moins que, comme le disait Roland Barthes : « L'écriture n'est nullement un instrument de communication…elle paraît toujours symbolique, introversée, tournée ostensiblement du côté d'un versant secret du langage. »
Le tour est joué avec l’abolition du point de fuite ? Alors que les notes placent tout le texte dans la perspective d’une réécriture, d’une distance prise par rapport à l’original.
Il est vrai que ces notes ne font aucun mal au Père, cet anti-texte (vous écrivez antitexte dans une orthographe intéressante), qui court toujours devant nous. C’est parce qu’il se moque des notes et des éclaircissements. Alors même que ces notes racontent son éternelle peur d’être lu.
Franck (l’éditeur), était légèrement hésitant à l’idée de publier ces fausses notes (ce qui aurait dû se faire au bas de chaque séquence). « Les gens comprendront tout de suite »,me disait-il.
J’ai dû insister.
Le Père fétiche n’est pas vieux, mais grâce aux rayons X, on vient de voir son squelette…
C’est vrai que l’ombre des jeunes filles en fleurs où se laisse bercer le père Fétiche est une image qui possède un charme fou. Les protagonistes sont jeunes, très jeunes… Et morts. Leur jeunesse est morte.
Ce texte ne supporte pas la lumière ? Tel Dracula et ses avatars ? Disons que son origine éclairée de plein fouet par cers notes/souvenirs est décevante. Un jeu. Un jeu de cartes ? Comme c’est finement observé (c’est cela qui me fascine dans vos analyses), Les cartes se mélangent, on ne sait qui est qui ?
Oui le contenu se voudrait plus grand que le contenant. Et pourtant on ne ressort pas grand-chose de sa lecture. Les protagonistes ne sont pas nos amis. Qu’en pensez-vous ? D’ailleurs qui est le personnage central ? Crevert ? Crochetrain ?
L’anti-texte devrait (normalement) nous empêcher de faire un choix. Crevert et Crochetrain ont écrit un livre à quatre mains. Comme ma sœur et moi. Mais c’était plus tôt, bien plus tôt.
À une époque où je ne connaissais pas James Joyce.
Je vous remercie de l’avoir cité. Il vient bien entendu, ricocher sur l’illisibilité (mais avec maestria), et châtie ma création.
Il parait qu’il a écrit Finnegans wakeen partie avec Beckett. Moi, beaucoup plus modestement, je l’aurais écrit en partie avec Crevert…
Mais point ne faut trop en dire, sinon s’ensuivrait le naufrage ludique de nos chers commentaires (que j’adore).
L’anti-texte a bien implosé grâce à ces fausses notes !
Les noms vont surgir du passé malicieux. Je vous ramène à la note 5 : « Une vieille feuille jaunie où se lit la complainte des hiéroglyphes égyptiens en quête d’éternité. Cette lamentation qui supplie le passant de prononcer encore, ne fût-ce qu’une seule fois, le nom. »
Vous appréciez l’écholapsus de la même manière que j’ai pu l’apprécier lors de sa création. Je l’ai malutilisé. Il est devenu misanthrope. Comme moi sans doute. Mais, au départ, il était la porte ouverte sur bien des connaissances (artistiques, littéraires, théâtrales, cinématographiques et cætera).
J’aime votre phrase : « Antitexte absolu. D'où les « fausses notes » ! D'où cette« diarrhée cacaphonique »,carrollienne… » Louis Charlesserait-il aux commandes ?
Père fétiche : cacographie ? Et est-il bien le personnage central ?
(Si vous souhaitez poursuivre cet entretien, veuillez reformuler un commentaire)

Écho n°104, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Serge,
Merci pour cette absolution. Je suis seul face à vous tous.
Parlons des notes. Elles ont été écrites par un chapeau.
Durant des années, j’ai porté un melon et un de mes amis (celui qui est au centre de tout ce récit), m’avait dessiné avec en guise de sous-titre : « le chapeau malon ».Orthographe obligée, donc, si je veux ressusciter cet ami.
Vous trouvez, à l’inverse de Philippe, qu’elles rendent le texte plus lisible. Vous rejoignez, ce disant, l’opinion de Franck. Bravo.
Elles sont, en effet, bien tardives. Depuis le temps les interprétations diverses des commentateurs les font paraître bien pâlottes.
Je suis votre Monsieur Loyal. Mais j’utilise les sombres idiots écrivains improbables pour pouvoir distiller des informations. Pour le reste, je suis sincère (hum).
Crevert va muer lors du Grand Vœu. Encore un peu de patience.

Écho n°105, par Philippe Sarr :
Cher Georgie,
D'accord avec Barthes. Pas de communication ! Communiquer sur le Père Fétiche ? Autour du Père Fétiche ? Non, si ce n'est sur un mode « ludique » ! Est-il besoin de la force éclairante d'un contre feu pour y adhérer? Ou bien sa principale force attractive ne se situe-t-elle pas ailleurs, c'est-à-dire dans l'antitexte lui-même, la folie « littéraire » de ses personnages, dans sa prose« alambiquée »... Et donc dans la bande (son ou magnétique) originale ?
Joyce a « en partie » écrit son « Finnegans » avec Beckett ? L'a-t-il écrit ? L'auteur des Chants est-il Lautréamont ?
Les commentaires (j'adore !) comme des« ajouts singuliers » ne donnent-ils pas un accès plus direct, peut-être plus immédiat à l'antitexte, que vous n'êtes pas ? (Alors, ces« fausses » notes, que j'apprécie — tout comme l'Echolapsus — ne font-elles pas, et dans une certaine mesure, partie intégrante de l'antitexte, ne font-elles corps avec lui ? D'où cette lecture « ludique » (la vie un jeu à la fois sérieux et surréaliste), que j'en ai eu (la fiction contaminant le réel, et réciproquement).
Dès lors :
- « Un pas de plus dans la bonne direction » ?
Oui, mais le lecteur n'a-t-il pas adhéré au texte dés l'origine ? « Chassé », dans un premier temps, puis à son tour « mué » en chasseur ?
- « Ce texte est ténébreux »... mais ne nous « engage »-t-il pas, malgré cela ?
- « Origine décevante » ?Non, car, finalement, tout aussi déroutante que l'antitexte lui-même (que savons-nous réellement de l'origine d'une œuvre ?)...
- « Un jeu ». « De cartes ». Tirées au sort ? (Qui écrit quoi et sur qui et selon quelle temporalité... En partant de qui, de quel point de vue ?)...
- « Le Père Fétiche écrit en partie avec Crevert » (donc bientôt mué en Crevel ?)...
- « Echolapsus misanthrope, après avoir été une porte ouverte sur bien des connaissances » ?... Y a-t-il ici incompatibilité ou au contraire compatibilité absolue ?
- « Les Temps mêlés », tant de fois repérés et commentés ici-même, seraient ainsi une allusion à feue la revue du même nom » ?...

Écho n°106, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Philippe,
Merci d’avoir la gentillesse de poursuivre cet entretien.
Il est vrai que le mode ludiquenous a porté bonheur et que le Pèrequi se présentait comme un tissu d’âneries y a beaucoup gagné.
Vous verriez les fausses notes comme un contre-feu ?
C’est vrai que leur publication tardive vient orienter l’anti-texte dans une détermination d’adhésion.
Mais ces notes sont positives au débit et à la narration qui font son charme.
Ecrire n’importe quoi ne suffirait pas à entraîner le lecteur.
Ici le hook était la bande magnétique, un moyen bien commode pour insérer des éléments.
D’accord avec vous, c’est l’anti-texte lui-même, œuvre d’un fou, peuplé de fous et d’actions impénétrables qui contribue à sa réussite (la lecture).
Cette réussite paradoxalement tant redoutée.
On pourrait, si on voulait, comparer cet anti-texte au roman Plutôt la mort de Léon Boudin, dont de larges extraits figurent dans Les Fous littérairesde Blavier. Je suis un ancien des temps mêlés (sans majuscule, Blavier y tenait).
Je connais peu James Joyce (dont je n’ai jamais réussi à finir Ulysse), mais beaucoup mieux Samuel Beckett, dont j’apprécie toute l’œuvre. Aussi Qui est Shakespeare ? je ne saurais le dire. Mais je conçois qu’on se pose la question devant un ouvrage aussi alambiqué que Finnegans wake.
Tout à fait d’accord également pour admettre que les commentaires ont ouvert une voie royale à la perceptionde l’anti-texte.
Je suis d’ailleurs fermement décidé (et Franck est d’accord), à les faire figurer directement dans le texte. Avec le nom de leur auteur (s’ils sont d’accord, bien entendu). Ainsi, vous et moi aurons nous écrit le vrai Père fétiche « à quatre mains ».
Je vous réserve de toute manière le commentaire final. Celui qui clôturera le livre qui se termine d’une manière un peu particulière.
(Enfin si tout cela vous agrée, évidemment.)
Oui, les notes font partie de l’anti-texte, elles ont été la première tentative de faire la lumière sur ce travail.
Ce travail qui n’est pas moi. Facile à dire, mais pas à faire. Vous savez qu’on est toujours ce que l’on écrit. L’exercice a pris des années. Et bravo pour le réel qui nous intoxique et nous survit !
Dès lors :
- « Un pas de plus dans la bonne direction » ?
Oui, mais le lecteur n'a-t-il pas adhéré au texte dés l'origine ? « Chassé », dans un premier temps, puis à son tour « mué » en chasseur ?
- Si, bien sûr. Mais ces notes devaient être publiées dès le début du texte.
- « Ce texte est ténébreux »... Même s'il nous engage, c’est parce que nous sommes un public à part. Le lecteur moyen ne comprendra rien à ce travail (je vous invite à relire tous les commentaires).
-« Origine décevante » ? Oui et non, disons que l’envers du décor à a toujours, sauf pour le spécialiste, un côté désappointant.
- « Un jeu ». « De cartes ». Oui, bien sûr. Celui de la Dame de cœur. Tirées au sort ? Pas vraiment. Disons qui ont la possibilité d’être mélangées. Différenciez-vous vraiment Psychœ de Psychæ ?
Qui écrit quoi et sur qui et selon quelle temporalité... Eh bien, il y a moi, maintenant, en répondant à votre analyse. Puis il y a tous les personnages du texte, qui avancent, phrase après phrase et le composent. Puis l’écholapsus qui, lui, l’a déjà lu… et puis il y a vous (sauf votre respect), qui écrivez sur le Père depuis quelques semaines déjà.
- « Le Père Fétiche écrit en partie avec Crevert. » A n’est pas B. Ni C.
Je suis Crochetrain dans une certaine mesure.
-« Echolapsus misanthrope, après avoir été une porte ouverte sur bien des connaissances » ?... Il y a compatibilité. L’écholapsus pourrait être bien plus efficace.
- « Les Temps mêlés », tant de fois repérés et commentés ici même, seraient ainsi une allusion à feue la revue du même nom ?... Oui, bien sûr. Blavier est mon premier miracle. Et mon premier pataphysicien.
Je goûte beaucoup cet échange et j’ose espérer qu’il en est de même pour vous.

Écho n°107, par Philippe Sarr :
Cher Georgie,
Je goûte particulièrement cet échange ! On y apprend beaucoup, et pas seulement sur le Père Fétiche! Que vous me réserviez le commentaire final qui clôturera le texte me ravit profondément. Tout comme l'idée de faire figurer l'ensemble des commentaires directement dans le texte (avec les noms de leurs auteurs).
Curieusement, je n'ai que très peu lu Beckett (« Têtes mortes », entre autres, une histoire étrange). Davantage Joyce dont j'avais beaucoup aimé le « Ulysse ». En revanche je ne connaissais pas « Plutôt la mort, une histoire d'amour », (quel titre étonnant !) de Léon Boudin. Autre fou littéraire, si j'ai bien compris. Peut-être même l'un des personnages du Père Fétiche ?!... et auquel s'apparente donc « Le Père Fétiche », autre histoire d'amour ?
J'attends la mue (provisoire) de Crevert...
Et suis désolé pour les majuscules ! (temps mêlés !)...
Concernant Psychae et Psychoe ? C'est vrai que j'ai parfois eu tendance à les distinguer l'une de l'autre. Psychae/Psychoe, comme le Yin et le Yang ?

Écho n°108, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Philippe,
Je pense que nous sommes sur la même longueur d’ondes et cela me fait plaisir.
C’était ce que Franck et moi-même souhaitions en ouvrant les épisodes du feuilleton aux commentaires. Merci.
Les Fous littéraires (dont Boudin) se trouvent dans l’ouvrage éponyme de Blavier par (augmenté) réédité chez Cendres. Un monument !
Aucun problème pour les majuscules, c’est Blavier qui y tenait.
Et félicitations pour cette très bonne perception du yin et du yang.
Cordialement.

Écho n°109, par Serge Hamels :
Mariez-vous, les gars.

Écho n°110, par Georgie de Saint-Maur :
Cher Serge,
Votre impertinence est amusante.
Surtout dans cette période de « mariage pour tous ».
Mais ne soyez pas dépité. J’aime beaucoup vos commentaires.
Celui avec le feu était impressionnant. Celui avec les nudistes très drôle.
J’attends de vous lire avec impatience.

Écho n°111, par Dominique :
Cher Georgie et chers commentateurs,
Je suis ravie de voir que tout avance dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.
Le doux balancier qui oscille...
Le début approche... je le sens poindre à l'horizon.
Merci pour ces éclaircissements dans ce noir absolu, j'entrevois enfin l'aurore.

Écho n°112, par Georgie de Saint-Maur :
Chère Dominique,
Oui certaines scènes se déroulent à l’envers, bravo ! Ce qui pourrait laisser penser que tout le récit fait de même. Allons-nous assister à un début qui se place à la fin ? Eh bien, à vrai dire pas tellement.
Le Père Fétiche se joue du temps. Même quand il se terminera.
Merci de vos commentaires.

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Georgie de Saint-Maur 23/04/2013 04:22


Chère Dominique,


Oui certaines scènes se déroulent à l’envers, bravo ! Ce qui pourrait laisser penser que tout le récit fait de même. Allons-nous assister à un début qui se place
à la fin ? Eh bien, à vrai dire pas tellement.


Le Père Fétichese joue du temps. Même quand il se terminera.


Merci de vos commentaires.

Dominique 22/04/2013 14:05


Cher Georgie et chers commentateurs,


Je suis ravie de voir que tout avance dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.


Le doux balancier qui oscille...


Le début approche... je le sens poindre à l'horizon.


Merci pour ces éclaircissements dans ce noir absolu, j'entrevois enfin l'aurore.


Dominique

Georgie de Saint-Maur 21/04/2013 17:14


Cher Serge,


Votre impertinence est amusante.


Surtout dans cette période de « mariage pour tous ».


Mais ne soyez pas dépité. J’aime beaucoup vos commentaires.


Celui avec le feu était impressionnant. Celui avec les nudistes très drôle.


J’attends de vous lire avec impatience.

Serge Hamels 21/04/2013 16:14


Mariez-vous, les gars.

Georgie de Saint-Maur 21/04/2013 04:56


Cher Philippe,


Je pense que nous sommes sur la même longueur d’ondes et cela ma fait plaisir.


C’était ce que Franck et moi-même souhaitions en ouvrant les épisodes du feuilleton aux commentaires. Merci.


Les Fous littéraires (dont Boudin) se trouvent dans l’ouvrage éponyme de
Blavier par (augmenté) réédité chez Cendres. Un monument !


Aucun problème pour les majuscules, c’est Blavier qui y tenait.


Et félicitations pour cette très bonne perception du yin et du yang.


Cordialement